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Il y a plusieurs
aspects chez cette belle Lucie. La sorcière primitive, la déesse
du printemps et la sainte (Dont nous vous avons largement
parlé).
Couchée à l'ombre
d'un baldaquin de givre où elle semble avoir abandonné
l'apparence de la vie, la belle gisante dort, et de ses rêves
vont naître et fleurir les silhouettes éblouies des demoiselles
de l'aurore.
Sainte Lucie est à la fois sorcière d'hiver et Fée de printemps.
En bohême, les cheveux dressés comme un buisson par le gel, les
lèvres bleues, le regard pétrifiant, elle hante les nuits
blanches des garnements. Dans sa hotte, elle les emporte
jusqu'au plus profond de la terre, leur ouvre le ventre, les
bourre de paille et les ajoute à sa collection de poupée. En
Bavière, en Autriche, elle se déguise en chèvre volante ou en
sorcière au masque d'oiseau. en Alsace, elle s'adoucit pour se
confondre au Christ Kindl dont nous vous avons parlé. Elle est
la Dame de Noël.
Dans les contrées
septentrionales, elle sort de la forêt drapée de blanc,
couronnée de houx et de lumière. Elle apporte feu et nourriture
dans chaque foyer.
On la retrouve
héroïne d'un arc-en-ciel de conte à tiroirs, jeune princesse
emprisonnée dans un abîme souterrain par une ogresse d'hiver. |